Nous déjeunons pour la première fois avec les responsables de cette école, et malheureusement pour la dernière fois tous ensemble.
Bienvenue dans l'univers de la Sophrologie, made in Paris !
Etre bien, corps et esprit.
Nous déjeunons pour la première fois avec les responsables de cette école, et malheureusement pour la dernière fois tous ensemble.
Après une bonne nuit de repos, malgré un coup de téléphone à 2h du matin de Atlanta, de ma cadette, où elle m’informait qu’elle était actuellement dans un bar à tapas avec des américaines, je me sens en pleine forme pour vivre les derniers moments de cette formation initiale. Cependant pour multiples raisons, j’enchaîne la semaine suivante avec la spécialisation en périnatalité.
Je rêve ou j’ai bien entendu Manon me dire qu’il faisait actuellement 35 degrés aux USA et qu’elle était en manches courtes. Ici ce n’est décidément pas le week-end chaud et ensoleillé qu’ils avaient prévu. Mais perdons ce défaut de sans arrêt tergiverser sur le temps et en être éternellement insatisfait.
Aujourd’hui je fais la connaissance de Véronique, certains ont déjà connu le plaisir de vivre des séances de sophro en cours du soir. Mais Sancy-Paris, c’est un peu loin pour des cours du soir L
Et avant de se présenter, elle nous demande si nous sommes nous-mêmes sportifs, ce que nous attendons de ce cours et si on compte un jour travailler avec des sportifs.
Elle nous donne le plan de cette matinée où on va essayer de comprendre ce qu’est un sportif, cette bête étrange, dit-elle et ensuite de voir ce qu’on peut faire en sophro, dans certaines problématiques.
Et pourquoi nous présente-t-elle le sport, et bien parce qu’elle est ancienne sportive de haut niveau, elle a joué au football pendant 30 ans, 15 ans au plus haut niveau, elle a fini sa carrière Au Paris St germain en première division. Elle était internationale à 15 ans et a pris sa retraite à 35. Elle l’a prise parce que son corps lui a dit merde, dit-elle. La sophro, elle ne l’a pas utilisée dans la préparation mentale mais elle est venue à la sophro parce qu’elle a eu un très grave accident. Elle a été opérée par un orfèvre, dit-elle. Il y a eu un télescopage entre un genou et son œil et c’est le genou qui a gagné. Je reprends ici ses termes car c’est avec ces mots là qu’elle nous confie sa mésaventure. Et d’opérations en opérations, elle a rencontré un peu par hasard une sophrologue qui l’a aidée à passer au-dessus de cela.
Elle nous confie aussi qu’elle est sourde d’une oreille et qu’elle est accouphénique, et hyperaccousique donc très sensible aux bruits.
Cette parenthèse étant fermée, elle nous écoute à notre tour.
Nous avons tous un parcours différent en ce qui concerne ce rapport au sport, quant à moi, qui ne suis absolument pas sportive, à part trois tours de pédales dans ma salle de bain quand je prends un peu de poids, il est clair que mon rapport au sport est inexistant, si ce n’est quelquefois quelques brassées qui me confirment à chaque fois que cela me fait du bien. Mais ne pas être sportive, ce n’est pas grave, me rassure Véronique, car elle ne fait pas d’allergie aux non-sportifs. Mais heureusement pour Véronique dans cette promo il y a un public sportif qui pratique ou qui a pratiqué. Stéphanie L., enceinte de 8mois et une semaine, a visiblement gardé le ballon du match, plaisante Véronique. Et c’est certainement par ce genre de petites plaisanteries que Véronique instaure un climat de détente, propice à la confidence et la confiance.
Mais d’une manière générale, nous n’avons pas d’apriori et sommes tous en tant que sophrologue formé pour prendre en charge un sportif quelque soit sa problématique.
Rappelez-vous, dans notre cas pratique, nous nous étions déjà mis dans la peau d’un sophrologue lorsque Xavier, en se prêtant au jeu, nous avait sollicité pour faire face à la pression qu’il subissait en tant qu’entraîneur.
Et dernière boutade avant de rentrer dans le vif su sujet : le yoga est-il un sport ?
Ce qui est sûre c’est que Sandrine, elle s’en fiche de cette question et ce qu’elle sait c’est que le yoga lui fait infiniment de bien.
Quant aux échecs, n’avance-t-on pas qu’il s’agit là d’un sport cérébral ?
On est tous à peu près d’accord sur le fait que dans le sport il y a évidemment la dimension physique, tactique, technique…mais en tout cas tout le monde s’accorde à dire que l’aspect mental est quand même aussi important que les autres.
On va voir tout au long de ce cours que lorsqu’on travaille avec des sportifs, le corps et l’esprit leur parlent bien, parce qu’ils savent que pendant une compétition, s'ils sont ok physiquement, tactiquement, techniquement mais pas mentalement, ils se ramassent et prennent la claque.
La sophro a toute sa place dans la préparation d’une compétition, d’un match mais les coachs et les dirigeants préfèrent le terme de préparation mentale au terme de sophrologie car cela ne leur parle pas trop. Donc parlons plutôt de préparateur mental, d'autant qu' ils ont déjà un préparateur physique.
On peut faire de la sophro en groupe pour ceux qui pratiquent un sport individuel et inversement de la sophro en individuel, pour ceux qui font un sport collectif.
C’est très intéressant de travailler avec un sportif parce qu’il sait l’importance de l’entraînement, on n’a pas besoin de le lui dire, il comprend que son corps a besoin de s’entraîner, il sait que son esprit et son mental en ont besoin aussi pour le faire prospérer.
Quand on travaille sur un sport collectif avec une équipe, il est assez important d’avoir l’adhésion de tous les membres qui font la sophro. Car la sophro sans adhésion, ça n’a pas la même efficacité. Bien sûr il y a la posture du sophrologue mais on est moins crédible que les copines d’une même équipe. Par principe les copines savent beaucoup plus, donc pour celles qui n’auraient pas encore adhéré à la décision de groupe de faire de la sophro, on croira plus facilement les copines que le sophrologue. Les filles qui sont à 100% disent aux autres: oui c’est bien la sophro, oui cela nous aide. Cela aura plus de poids que le discours du sophrologue. Donc attention avec les sports collectifs, d’abord adhésion de tout le groupe.
Et le sportif ? Qui est-il ?
Le sportif a plusieurs vies et il faut qu’il concilie tout en même temps.
Véronique ne parle pas des joueurs de foot qui gagnent 250 000 euros par mois et qui ne font que ça. Oubliez ces sports qui sont très médiatisés, ce n’est pas à priori le genre de clientèle que nous pouvons avoir. La plupart des sportifs de haut niveau travaillent, ont une vie de famille, une vraie vie, quoi !! Ils ont leur vie et en plus ont cette vie de sportif. Alors la vie privée ??
Et pas besoin d’être pro pour être sportif de haut niveau.
Le sportif aime la performance, le dépassement de soi , dans toutes ses vies, car au boulot il peut être comme sur un terrain.
En sophro, avec les sportifs, on gère la globalité de l’individu. Un sportif qui vient voir un sophrologue pour de la préparation à la compétition mais qui a une vie perso pourrie et qu’à son travail, cela ne va pas, verra sa compétition compromise avec ou sans sophro. C'est important de ne pas lui parler que de son activité sportive.
Véronique rencontre quelques fois des cas où pendant plusieurs séances elle ne travaille pas sur le sport, elle règle d’abord les autres problèmes. Car d’abord il faut se poser dans sa vie personnelle avant de pouvoir aborder des problèmes liés au sport.
Et il faut commencer par le corps, comme avec tous nos patients et c’est bien de travailler avec les sportifs sur le corps, car leur corps, ils en ont conscience dans l’espace, avec un objet par rapport à l’adversaire, par rapport à un terrain.
Evidemment chaque sport a ses exigences physiques particulières et toutes ces exigences requièrent une préparation en fonction du niveau de compétition, du moment de la saison, de leurs exigences. Certains sportifs ont compétition tous les week-ends, et d'autres sports ont compétition avec une date, c’est « LA Date » et ça, ça ne gère pas pareil.
On travaille sur la récupération, sur l’énergie. Les sportifs connaissent bien les ressentis corporels, la douleur chez le sportif est quelque chose de très particulier, que les non sportifs ne peuvent pas comprendre. Car le sportif aime avoir mal, la douleur chez le sportif, c’est un concept. Le sportif fait la distinction entre la douleur de la blessure et la douleur qui fait du bien. Quand le sportif a mal dans son corps, il est content. Et un sportif qui sort d’entrainement et qui n’a pas mal, peut considérer qu’il n’a pas bien travaillé ou pas assez. Quand Véronique avait des courbatures dans les doigts, elle était ravie, nous confie-t-elle.
Par contre la douleur de la blessure frustre et agit sur le mental.
Donc la fatigue, les étirements, les tensions, ils connaissent très bien. Ils percutent si vite, que généralement ils font les exercices avant le sophrologue. Et d’ailleurs dans une SDN avec un sportif, il vaut mieux parler de tension douce car un sportif qui contracte, il le fait à fond.
Nous passons en revue des petites choses de physio, car le sportif connait bien son corps, il nous faut connaître les mécanismes, donc des choses sur le métabolisme sans aller trop dans les détails mais attention au risque de carton jaune. Et petit aparté sur le métabolisme, car les besoins physiques ne sont pas les mêmes dans tous les sports. Si on ancre des capacités de rapidité pour un coureur de fond, il va y avoir un petit décalage ; à l’inverse pour le sprinter, donner des capacités de patience…là pour la compétition il valait mieux la tonicité. Donc bien demander les besoins qu’il a.
Petit cours sur la respiration, mais ça on en a entendu parler pendant quelques temps, donc on ne s’étend pas. Mais plus sur l’essoufflement et la dyspnée, qui est le sentiment de ne pouvoir respirer qui est différent de l’essoufflement.
Et il faut savoir que trop d’effort tue l’effort et qu’il peut y avoir jusqu’à des vomissements car très souvent le sportif ne sait pas s’arrêter car il faut encore et encore s’entrainer et ceci jusqu’à vomir. Mais la passion, c’est la passion. Et la passion dans le sport cela peut aller jusqu’à l’autodestruction, et Véronique ne parle pas que physiquement mais parle aussi de vie sociale du sportif. Véronique sait de quoi elle parle.
Pendant l’anamnèse avec le sportif, si on ne connaît pas le sport, ce n’est pas grave, il va nous l’expliquer. Et toujours sur le ton de la plaisanterie, Véronique nous conseille de prévoir 1h et demi avec un sportif, car le sportif adore parler de sa pratique, c’est un passionné. Car ceux qui font du sport pour l’entretien ne viennent pas consulter le sophrologue pour une problématique de sportif.
En général, la demande la plus fréquente est la préparation à la compétition.
Véronique nous rappelle aussi le principe de la réalité objective, il faut lui demander à quel niveau il est, car il y en a qui sont au niveau départemental ; ils se donnent beaucoup, mais ils voudraient que le sophrologue les prépare pour les championnats du monde. Donc attention au niveau réel et de ce que lui croit, attention si le sportif a tendance à s’enflammer.
Dans l’anamnèse c’est aussi important de savoir comment notre sportif respire dans son sport. Par exemple l’haltérophile travaille plutôt en rétention, il produit son effort en rétention.
Le mental pour le sportif c’est comme pour le corps il y a des exigences, des règles, chose que le sportif connait très bien. Petite remarque un sportif qui est très doué, qui a beaucoup de talent mais qui a un petit mental, a moins de chance de réussir dans son sport que s’il moins doué mais avec un gros mental. Et des exemples de sportifs très médiatisés l’ont prouvé.
Notons que le stress est bon dans la compétition ,c’est un stress positif qui fait avancer.
Et puis le sportif peut être superstitieux, et là on reste dans le mental, et si un grain de sable vient perturber ce rituel, il peut être effondré. Véronique nous confie son propre rituel qui passait inévitablement par le requiem de Mozart et cela depuis l’âge de 14 ans. Aujourd'hui encore quand elle écoute le requiem sa tête mais son corps surtout se met dans le même état que si elle allait jouer un match.
Donc pour en revenir à l’anamnèse demander si le sportif a un rituel car pour le terpnos logos ou une SAP globale, si on ne lui met pas son rituel dans son terpnos logos, cela ne va pas aller et il ne va pas du tout se projeter. Attention encore pas de notion de résultat dans la SAP. On parle de « réussite » de « meilleur de vous-même », mais pas de mots comme victoire ou défaite.
Dernier gros warning quand un parent nous amène un enfant ou un ado. Faire une anamnèse avec le parent et l’enfant et voyez ensuite l’enfant seul car il faut essayer de savoir qui fait la demande, est-ce le parent, l’entraîneur ou l’enfant. Et s’il y a notamment des divergences, il faut confronter le parent, car l’enfant sportif c’est d’abord le parent.
Et après une petite pause, nous reprenons et voyons de plus près quelles sont les choses que nous pouvons travailler plus spécifiquement avec le sportif.
Avec le sportif on peut travailler aussi avec la vidéo pour la préparation du geste. C’est regarder la vidéo puis se voir faire le geste virtuellement ; petit conseil, ne pas hésitez à faire ramener l’objet du sportif, la raquette par exemple est le prolongement de son bras. Répéter et le refaire en alpha, cela peut être très efficace. On peut faire faire des mouvements virtuels, surtout s’il est sous contention, cela provoque des micro-contractions musculaires qui lui font perdre moins de muscle car c’est aussi ça son gros souci.Sous contention, ils perdent très vite de la masse musculaire et après pour la récupérer et être bien équilibré sur l’autre côté,c'est difficile car si l’équilibre n’est pas refait au niveau musculaire, c’est l’autre côté qui lâche, parce que ça compense. En faisant ces mouvements virtuels cela lui fait ne pas perdre autant de muscles, il va en perdre certes mais beaucoup moins. Ainsi quand il enlèvera le plâtre ou la contention cela ira beaucoup plus vite dans la rééducation, le sophrologue facilite le travail du kiné.
Dans la SSL ce qui est important c’est que le sportif fasse sa propre représentation de l’endroit, on ne fait pas un cours d’anatomie dans le terpnos logos, on demande au patient de se faire sa propre représentation de son muscle, de sa blessure. Généralement le sportif se fait un truc anatomique dans sa tête, ne serait-ce s’il a vu un écorché au cours de bio en 4ème.
Et après la SSL on peut enchainer et proposer de faire virtuellement des mouvements de flexion ou d’extension.
Véronique nous conseille aussi le livre Vaincre le trac, qui au départ est un livre pour les artistes, ceci dit Véronique s’en sert beaucoup car il y a plein de petits exercices. Le but en sophro c’est de faire appréhender l’outil pour qu’il s’en serve au quotidien.
Quand il y a déjà un coach, lui expliquer qu’on ne pique pas son job, mais que cela peut-être une façon de travailler techniquement sans dépenser d’énergie et cela est un gain de temps pour le coach. Et c’est un argument de poids.
Une chose à travailler avec un sportif peut être aussi la patience, car généralement il n’attend pas d’être guéri avant de reprendre et donc il se refait mal et cela peut durer des mois sur la même blessure alors que cela devait juste durer 3 semaines et à chaque fois la durée augmente.
L’amélioration du sommeil peut être notamment une des problématiques du sportif, la capacité à récupérer, et là le TAS (training autogène de Schultz) reste un outil extraordinaire pour le sportif, très facile à utiliser, très facile à s’approprier.
Enfin dernier conseil, pas de sophro avant une compétition, de la RD oui mais pas sophro, pas d’ondes alpha le jour ni la veille.
Il est 12h30, le cours est terminé mais nous revoyons Véronique ce soir pour notre dernière sophro.
Je voudrais ajouter un petit mot à ce module sport&sophrologie, c’est « merci » à Véronique. Comme je le disais au début, je suis quelqu’un pour qui le sport se résume au Tour de France, assise derrière mon écran au frais, à l’heure où ces braves cyclistes montent des cols qui me laissent dubitative. Et en l’espace d’une matinée, j’ai beaucoup appris sur cette discipline mais je pense, que la pédagogie de Véronique y est pour quelque chose, car paradoxalement, je dois même dire que j’ai beaucoup aimé ce cours, et j’espère avoir retranscrit cette jovialité dans cet article.
Et pour faire la transition avec les cours de l’après-midi, on peut se demander si le sport est une addiction.
C’est ce que tentera de nous expliquer Catherine, après cette pause déjeuner.
Pour notre plus grand plaisir, nous retrouvons aujourd’hui Catherine Jamet.
Rappelez-vous, elle était intervenue le vendredi 21 janvier dans le cadre de la douleur et du deuil. Aujourd’hui elle animera un tout autre sujet, celui de la créativité. D’une approche très joviale, elle parvient très rapidement à installer le climat de la journée.
Cette journée sophrologie&créativité ouvre sur la créativité du sophrologue mais aussi du client, et au-delà du client, du groupe tout entier. Elle est tirée d’un enseignement qu’elle-même a reçu qui s’appelle :
La sophrologie ludique (terme déposé). Pas dans le sens ludique qui fait forcément rigoler mais simplement ludique dans quelque chose de léger, de joyeux, qui ramène à l’enfance. L'exercice est fait sans intention particulière si ce n’est pour le faire et pour en profiter ; on ne le fait pas pour se détendre, on le fait juste pour le plaisir du moment.La pratique de ces exercices renvoie à un temps de l’enfance où tout est possible, un temps où tout est à construire, un temps durant lequel on ne sait pas que la vie va être difficile, qu’il y aura des échecs, des difficultés ; ce temps où les enfants sont vraiment dans l’instant présent, ni dans le futur à s’angoisser, ni dans le passé à regretter.
Il n’y a pas de livre sur ces jeux, car ils sont d’un enseignement oral, la plupart sont issus des traditions des Indiens d’Amérique du Sud, qui quand ils se réunissaient autour des feux, jouaient, racontaient.
Aujourd’hui il y a beaucoup de gens du théâtre, qui ont repris ces jeux. En fait les gens qui sont sur scène, aussi bien les comédiens que les techniciens dans les théâtres en live pratiquent ces jeux ensemble pour se fédérer et créer du lien dans les troupes afin de vraiment créer une dynamique de groupe.
Aujourd’hui beaucoup de sophrologues ou thérapeutes, en groupe privé ou en entreprise se sont appropriés ce type d’exercices pour leur pratique.
Les exercices que Catherine va nous proposer sont les plus pertinents pour nous sophrologues et on peut ensuite les décliner de maintes façons possibles mais la plupart ,ne se trouveront pas dans un contexte sophrologique.
Il est assez difficile de mettre par écrit ces exercices, car il est assez difficile de les décrire. Catherine a tenté de le faire et y est parvenue pour notre plus grand bonheur. Cependant lorsqu’on les a pratiqués, on comprend encore mieux leur finalité.
En sophrologie, nous sommes souvent seuls sur notre tapis ; certes nous partageons après l’exercice mais pas pendant, même si la conscience du groupe est là.
En sophrologie créativité, il y a cette notion de partage, car nous ne pouvons pas faire cela seul. Nous pouvons apprendre à nous connaître et voir comment cela fonctionne à travers un groupe. Nous nous connaissons dans une expérience différente mais ce n’est pas parce que c’est ludique ou joyeux que cela n’a pas de sens.
En France, on croit que pour aller mieux, il faut que cela soit un peu difficile. Il faut en baver si possible pleurer un peu, souffrir, expier.
En sophrologie, nous dépassons cela puisqu’on est dans une dynamique de positif.
En Orient, par exemple les Tibétains, malgré toutes les misères qu’ils endurent, sont des peuples qui à l’origine, rient beaucoup. Chez les religieux Tibétains lamas, plus ils sont élevés dans la hiérarchie spirituelle, dans l’organigramme, plus ils rient. Et plus ils sont évolués, plus ils pratiquent et ont donc cette facilité à rire pour de toutes petites choses. Alors que les jeunes débutants sont plus austères.
Chez nous, le rire est mal perçu, c'est un signe de relâchement.
Depuis que Catherine a découvert ces exercices, elle les utilise en groupe en début d’année. Elle consacre vingt minutes de l’heure à faire deux exercices pendant les toutes premières séances.
Bien sûr ici nous nous connaissons mais il faudra imaginer un groupe qui ne se connaît pas et qui vit ces pratiques-là.
Dans la sophrologie créativité, on ne cherche pas à faire, on fait, on se laisse faire, c’est encore un autre aspect de l’imaginaire.
Et aussitôt commencé le jeu, le mental n’est plus là. Après c’est sûr, il faut être désireux de vivre l’expérience. En principe Catherine nous affirme qu’elle n’a jamais vu de personne qui n’adhérait pas au jeu. Maintenant ce n’est pas parce que c’est ludique qu’on va faire n’importe quoi. Il y a un cadre qui est très précis et nous le verrons, il y a une guidance qui est importante.
Evidemment nous sommes un public de gens sages mais avec certains groupes en entreprise, cela peut très vite partir en vrille. Et le rôle du thérapeute est là très important.
Autre différence aussi avec la sophro classique c’est que le thérapeute joue avec les gens et si quelqu’un ne peut pas faire certains exercices, il n’est pas mis à l’écart.
L’animateur doit se débrouiller pour l’inclure quand même dans une tâche car l’animateur est responsable que tout ce passe bien. Il est le régulateur, car le but est que tout le monde participe.
Il y a des jeux qui travaillent beaucoup sur la concentration mais la créativité est toujours là. Cela peut s’utiliser en individuel mais plus avec des enfants, car l’enfant adore et notamment adore prendre la place du sophrologue.
Certains exercices nécessitent de la musique mais il faut bien choisir les morceaux. Le choix de la musique peut à ce point altérer un exercice ou au contraire le valoriser. La phénodescription est aussi possible mais point besoin de la faire à chaque fois.
Et voilà le moment de passer à la pratique. Catherine nous invite à ranger les classeurs et s’empresse déjà dans un premier temps de savoir qui est enceinte. Dans cette promo il y en a, c’est l’effet de la sophro : quatre femmes enceintes, plus une qui vient d’accoucher.
Mais elle nous rappelle aussi à tous que chacun est responsable de son corps et de celui des autres. Mais n’ayons pas peur car cela reste aux dires de Catherine « très soft ».
Et ainsi nous prenons notre chaise et allons de ce pas les disposer en rond. Je ne donnerai pas là les descriptifs des exercices mais vous invite, chers lecteurs, à intégrer un groupe qui dispenserait cette sophrologie créative.
Aussi les premiers « Nionnn, Schlag, Coucou » s’enchaînent laissant place à une humeur bon enfant. Et comme le gage est souvent lié au jeu, les rires et les plaisirs redoublent. Catherine ajoute des difficultés au fur et à mesure du jeu. Plusieurs objectifs : créer du lien mais surtout s’apercevoir que dans le jeu, on est tous logés à la même enseigne, quelque soit le niveau hiérarchique, dans une entreprise par exemple.
Et on rit d’un rire non pas moqueur mais d’un rire bon enfant et le fait de se tromper rapproche les gens, et d’ailleurs si on ne se trompait pas, ce serait moins drôle.
Et nous enchainons avec un autre jeu, où là Catherine nous dit avoir « une lettre pour ceux qui sont amoureux ». Comme ce message a la particularité de nous propulser de nos chaises à la recherche d’une autre, s’ajoute aux rires une effervescence communicative. Tout le monde y met sa touche personnelle, moi de même avec « ma lettre pour ceux et celles qui ont un soutien-gorge ». J’ai eu autant de plaisir ce jour-là qu’au moment où j’ai réécouté mon enregistrement et les fous rires. J’ajouterai que celui de Catherine, notre meneuse surplombait le reste de notre troupe, car avouons : Catherine a un rire très communicatif.
Je crois qu’avec ce deuxième jeu, l’objectif était atteint : notre appartenance à ce groupe ne faisait plus aucun doute.
Nous passons à un jeu cheyenne.
Puis à un jeu qui nécessitait un binôme. Rappelez-vous les cris que nous poussâmes à ce moment pour appeler à nous notre binôme. Et si la promo d’à côté nous avait entendu, elle aurait certainement eu un doute soit sur notre promo, soit sur l’école. Cela s’amplifia davantage quand Catherine nous demanda de couiner pour retrouver non son binôme mais son groupe. Non notre groupe ne céda pas à la proposition de Stéphane de tricher en proposant un sifflement qui nous rassemblerait sans aucun doute.
Quant au jeu « la machine infernale », les onomatopées et les cris furent difficiles ici à traduire mais la finalité fut sans conteste atteinte.
Et pour faire redescendre le ton, nous faisons un petit débriefing sur ces jeux, dont l’intention première était de briser la glace et de rendre l’humeur joyeuse. Mais peu nous en fallut pour accéder ce à quoi Catherine espérait : fédérer le groupe.
Ce qui est intéressant c’est de voir que lorsqu’on trouve son binôme, on est immédiatement content. Par groupe, cela donne l’impression d’une poule avec ses poussins.
Le groupe ne se calme et ne se sent complet que lorsqu’il a retrouvé tout le monde. Cela donne tout de suite un grand sentiment d’appartenance.
En entreprise c’est très intéressant, surtout quand il y a des niveaux hiérarchiques différents. Et puis ce sont des jeux qui sont très dynamisants et qui développent la créativité. Le jeu par deux ou par trois, va enrayer la timidité, cela va donner des permissions que l’on ne ferait pas nécessairement tout seul.
Ceci dit nous étions dans la dérision mais dans une dérision. Petite remarque : notre mental était très peu présent durant ces jeux, et dans un cadre de sophro on y va encore mieux quand on a lâché le mental.
Et c’est le moment de la pause où là nous découvrons avec plaisir les petites viennoiseries dont Anne - Sophie nous a gratifiées.
Petite réflexion ensuite sur l’ancrage avant que l’on ne l’applique de façon plus ludique deux par deux. Cela rejoint l’exercice de l’algue que nous avions déjà fait avec Julie, la responsable pédagogique.
Le bon test pour savoir si on est bien ancré, c’est dans le métro, tenir debout sans se tenir à la barre. Et nous expérimentons « l’ancrage » dans le mouvement, seul dans un premier temps, et ensuite par deux. Et si je me rappelle bien, c’est avec Xavier que je fis équipe dans cet exercice de basculement jusqu’au moment où nous passâmes à trois : ainsi c’est Anne-Sophie qui nous rejoignit. Catherine avait choisi une musique très agréable, un fond de harpe si je ne me trompe, qui participa aux ressentis. Sans conteste ces exercices tout en douceur différaient radicalement de ce que nous avions vécus auparavant.
Et toujours sur la base de l’ancrage, nous remîmes chacun à notre tour notre confiance au sein maintenant d’un petit cercle. Le défi était plus grand. Et nous nous remîmes par deux. Et cette fois c’est avec Stéphanie D. que je m’exécutais à danser « sous la baguette de mon chef d’orchestre » avant que je ne reprenne à mon tour la baguette et ne la fis danser à mon gré au son d’une viole.
Tous ces jeux développent la présence à soi, la présence à l’autre. Et outre l’ancrage : le souffle, la confiance en soi et en l’autre, car on est obligé de prendre soin de l’autre.
Ces exercices peuvent très bien être faits en cabinet. Dans le chef d’orchestre, l’imaginaire entre en scène. Et là, la musique est indispensable.
Et avant d’aller déjeuner, nous faisons un avant-dernier exercice celui du « canapé » que je fais cette fois avec Elisabeth L. Et un dernier jeu du « Qui manque ? » où yeux fermés, nous déambulons jusqu’au moment où un d’entre nous est happé et sorti de la salle ; aux autres de deviner de qui il s’agit. Pas mal. Chouette jeu d’appartenance mais le risque c’est que la personne que l’on sort soit tellement discrète que personne ne remarque son absence. Alors attention, bien qu’il puisse y avoir une prise de conscience de part et d’autre.
La pause déjeuner se fera pour moi au « Corse d’à côté » avec Elisabeth L. et Valérie au charmant petit accent anglais. Il manque aujourd’hui Brigitte M. aussi je lui dédie cette journée car elle manque indubitablement à cette dernière session.
Au retour, c’est Anne-Sophie qui anime cette toute dernière sophro, et après une induction qu’elle a particulièrement peaufinée, elle nous propose une SPR que je ne suivrai malheureusement pas jusqu’au bout pour m’être endormie, c’est vrai que le réveil a sonné tôt ce matin ,4h30 mais je sais que muni de l’enregistrement, je ne manquerai pas de me la repasser.
Catherine reprend son cours, en nous proposant un exercice qu’elle aime énormément qui est celui des « mannequins de vitrine ». Très poétique et très beau, il fait en plus de cela travailler beaucoup de choses : l’ancrage, l’imaginaire, la créativité, le lâcher-prise, le toucher, la conscience du groupe, la confiance en l’autre.
L’étalagiste va venir sculpter le corps du mannequin. Ainsi, sur une musique de Chopin, me semble-t’il, nous exécutons à présent cette magnifique prouesse. Là nous partageâmes un grand moment où la beauté recouvrait tous ces mannequins et leurs maîtres.
Et parfaitement détendus, relaxés, relâchés… nous poursuivons par l’exercice « du rideau » tout en douceur, où là toutes notions d’espace et du temps furent annihilées.
" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices
!
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours ! "
(Le Lac de Lamartine)
Seuls les ressentis et les sens exacerbées n’avaient de poids. La magie opéra sur nous presque à notre insu. Une extrême chaleur à tous les sens du terme, une extrême bienveillance se dégagèrent comme pour accompagner à terme cette fin de promo ; nous partageâmes des moments intenses que des mots ont du mal à rendre perceptible l’émotion.
Cet exercice avait un but pour Catherine : développer le contact et surtout accepter le contact, et il est vrai cela change le regard sur la corporalité. On est touché au sens premier par nos collègues mais aussi au sens figuré par la beauté de l’exercice, un exercice qui a un sens esthétique très fort. On prend soin des autres et cette expansion de conscience est, quant à elle très forte.
L’exercice du « sculpteur aveugle » demande à présent trois participants, un guide, un sculpteur et un modèle et toute la difficulté est de représenter dans son corps quelque chose qui n’a été perçu que par le toucher.
Et pour clore, nous procédons à l’exercice de « la grappe », où chaque participant repose sa tête sur le ventre d’un autre. Catherine mène une sophronisation de base avec comme intention la prise de conscience de soi et de ceux qu’on touche.
Très bel exercice.
Et avant de se quitter, nous posons tous un mot sur cette journée qui à mon sens, récapitulait et consolidait toutes les émotions partagées.
Quant à moi, il ne me restait plus, comme l’a fait remarquer Catherine Jamet, qu’à tenter de retranscrire cette journée, son contenu mais surtout ce qu’il en émanait.
Un grand merci à toi, Catherine, qui avec la simplicité qui te qualifie, a su nous transmettre tes connaissances et nous faire vivre de grands moments.
Il est à présent 17h15, nous retrouvons avec toujours autant de plaisir et pour la dernière fois, Julie.
Quelques exercices de RD1 pour reprendre contact avec nous- même. Enfin dans la posture qui nous est la plus agréable possible, elle nous propose une belle mais surtout efficace induction, basée sur le plein d’énergie, ainsi qu’une SPF. En nous projetant dans cinq ans. Elle nous demande de nous imaginer en sophrologue accompli. L’intérêt était de se voir raconter sa réussite à la personne de son choix, en n’omettant pas les efforts, les difficultés, les capacités qu’il a fallu mettre en œuvre pour cette réussite. Là encore, la sophro de Julie venait à point nommé, à l’issue de cette formation.
Voilà donc cette journée terminée, je m’en retourne à l’hôtel, attendre mon petit mari, qui dès l’école finie, me rejoint ici, passer le week-end plein de projets en tête.
Et comme l'année précédente, nous sommes retournés, munis des invitations d'Elisabeth B. au salon de l'Agriculture.
Aujourd’hui nous abordons un sujet un peu plus reposant, car pour ma part la journée de la veille qui était le module d’installation professionnelle fut dense ; nous avons reçu une foule d’informations tant et si bien que Babeth fit remarquer que si nous avions eu cette journée en préambule à notre formation, cela aurait peut-être découragé certains.
Pour ma part, j’ai enregistré ce qui s’est dit, c’est de cette façon que mon petit mari pourra tout réécouter et se forger aussi une opinion.
Donc aujourd’hui, c’est sophrologie et gestion du poids.
Et c’est Sylvie qui pour la dernière fois intervient dans notre promo.
Elle nous donne sans plus tarder le programme de la journée, à savoir comment nous, sophrologues, allons pouvoir accompagner des personnes qui ont des problèmes de poids, et donc essentiellement accompagner un régime bien qu’on puisse rencontrer quelqu’un qui ait juste perdu l’appétit. Et puis Sylvie nous parlera aussi de deux troubles du comportement qui sont aussi l’anorexie et la boulimie, et dans ces cas là ne jamais intervenir seul, mais plus en complémentarité d’un psy ou d’une équipe médicale.
Sylvie nous a demandé dans un premier temps comment nous vivions notre corps et s’il nous était arrivé de faire des régimes dans notre vie et comment cela s’était passé si c’était le cas. Aussi l’expérience de chacun est-elle le bon support pour aborder ce thème et nous mettre d’amblée dans le vif du sujet. Et pour certains cela rappelle la question que Catherine nous avait posé au tout début de notre formation : ami ou pas ami avec notre corps. Nous nous confions tous avec franchise, avant d’aborder un petit test par lequel j’évalue ce qui m’ouvre l’appétit et m’incite à acheter ou consommer un aliment, et après elle nous invite à analyser les résultats et à découvrir les sens qui sont les plus développés ; souvent il y en a deux. Pour ma part, je me reconnais dans ces résultats qui me confirment que ce sont l’odorat et la vue qui sont mes sens privilégiés par rapport à l’alimentation. L’odorat reste le sens le plus archaïque, c’est à lui que nous associons nos souvenirs les plus forts, quant à la vue, force est de constater que feuilleter un livre de cuisine ou regarder mon mari cuisiner m’ouvre l’appétit. Mais bien sûr je ne suis pas l’élément référant de ce petit test et d’autres auront retenu peut-être les autres sens comme éléments déclencheurs de leur appétit.
Et puis conclue Sylvie les goûts et les couleurs ne se discutent pas.
Bon, vous imaginez bien, chers lecteurs et même plutôt chères lectrices, que la sophrologie ne fait pas maigrir, car si c’était le cas, pour sûr que cela se saurait. Mais, en complémentarité au rôle du corps médical, c’est déjà l’occasion de renouer avec son corps et par la suite de travailler les motivations et les objectifs et par là même d’intégrer la réussite.
La sophrologie va donc développer l’écoute des signaux du corps et de ses besoins.
Et pour notre culture personnelle, Sylvie nous retrace l’historique du régime qui remonte à l’Antiquité. Et les conseils prodigués pour maigrir font plus sourire qu’autres choses et n’invitent pas à les suivre, cela va de rester nu aussi souvent que possible, à absorber des purgatifs pour empêcher la digestion, ou encore au XVIIIème, le conseil aux hommes d’éviter l’usage immodéré des femmes. Preuve qu’à l’époque, les hommes se souciaient déjà de leurs poids. Il faudra attendre le XIXème siècle pour voir apparaître la notion de calorimétrie mais c’est surtout au XXème sicle qu’apparaissent les nouveaux critères de beauté et de nos jours la fièvre de la minceur ne s’est pas apaisée mais au contraire elle s’est amplifiée.
Aussi faut-il faire dans un premier temps une différence entre le poids de forme et le poids désiré, car attention si le poids désiré est trop éloigné du poids de forme, il peut mettre la vie en danger, et c’est important car souvent chez les jeunes, il y a une incohérence entre le poids désiré et le poids de forme.
Et dans le poids intervient aussi le pondérostat, régulateur du poids situé dans l’hypothalamus qui gère le centre de la faim et de la satiété. Le pondérostat est donc le poids pour lequel on est programmé dès notre naissance. Et bien évidemment nous allons dérégler ce pondérostat au cours de notre vie si on pratique de nombreux régimes, mais aussi si on est victimes de stress dans sa vie.
Sylvie revient aussi sur la notion de satiété car manger à satiété est bien la suppression de faim survenant après l’ingestion d’aliments et non pas la sensation d’être repu.
Sylvie nous rappelle aussi qu’il faut attendre 20mn pour que la satiété survienne, c’est-à-dire que le cerveau reçoive le message de l’estomac. Et même la simple prise d’un sandwich nécessite cette prise de temps.
L’obésité touche aujourd’hui aussi bien les pays industrialisés que ceux en voie de développement, on sait aussi que 50% des américains sont en surpoids dont 25% en obésité. En France : on compte plus de 5,3 millions d’adultes obèses et 14,4 millions en surpoids. Les hommes seraient plus touchés que les femmes, à raison de 46,3% contre 31,6%. Et malheureusement 19% des enfants sont touchés par ces problèmes.
Tout ceci est évidemment lié à plusieurs facteurs.
Les médecins utilisent généralement l’IMC, l’indice de masse corporelle pour mesurer l’excès de poids chez une personne, c’est-à-dire on prend son poids et on le divise par sa taille en cm². Et selon les différents indices, on a établi qu’à partir de 25 les personnes sont en surpoids et qu’ensuite il y a 3 classes d’obésité. A noter que l’obésité de classe 3 est aussi appelée obésité morbide car elle risque de tuer la personne. Mais à l’inverse une maigreur jugée extrême peut tout aussi tuer une personne.
Il y a un deuxième élément avec lequel les nutritionnistes travaillent, c’est la mesure du tour de taille divisé par le tour de hanche, ce qui permet de tenir compte de la répartition des graisses dans le corps. Les risques de maladies cardio-vasculaires, de cholestérol, d’infarctus, d’AVC… si le périmètre abdominal est supérieur à 102cm chez l’homme et 88cm chez la femme.
Sylvie nous rappelle les différents régimes qu’il existe pour qu’en tant que sophrologue et accompagnateur, nous sachions de quoi il s’agit, car les régimes évoluent et sont eux-aussi soumis à des modes. Et ce que nous constatons c’est que certains sont quand même équilibrés et d’autres non, avec même des risques de carence. Je me garderai ici de vous décrier ou d’encenser car ce n’est pas à nous sophrologue de juger.
Sylvie tient à nous parler aussi d’une approche différente en se référant aux docteurs Jean-Pierre Zermati, nutritionniste, et Gérard Apfeldorfer, psychiatre et psychothérapeute, qui nous invitent à consulter leur site qu’ils ont appelé avec humour www.gros.org
Un beau jeu de mot car Gros voulant dire groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids. Et ils ont basé leur approche sur 2 principes, le premier c’est que pour maigrir il faut faire la paix avec les aliments, et réapprendre à manger de tout, un peu.
Le deuxième principe, un peu plus psy, est apprendre à faire face à ses difficultés autrement qu’en mangeant, car manger est l’un des systèmes de défense pour faire face à toute perturbation. Donc il y a aussi un travail personnel à faire, le pourquoi je mange. Et pour une personne qui est « addicted » au chocolat, on va lui apprendre à ne manger qu’une barre et à jeter le reste de la tablette. Et oui carrément ! Pas de demi-mesure, mais pour ma part j’en conviens c’est totalement inconcevable. Et puis cela va à l’encontre de tout ce qu’on a pu entendre dans notre enfance, à savoir « tu ne quittes pas la table si tu n’as pas fini ton assiette » ou encore « tu n’as pas connu la guerre… »
Mais si la tablette est toxique pour la personne, alors peut-être est-ce la solution, car au-delà d’un certain nombre de carrés de chocolat cela dépasse le plaisir ; et si la mauvaise conscience de jeter émane de la personne, alors on lui conseille de faire un don à des organismes qui luttent contre la faim dans le monde. Voilà qu’elle était la réflexion des personnes après avoir consulté.
Donc en voilà assez avec les régimes, allons voir comment nous, sophrologues, nous pouvons aider les personnes. Car l’essentiel est là : c’est la notion de plaisir et les gens qui ont un problème de surpoids rencontrent de la difficulté à maitriser cette notion de plaisir. Souvent elles ont perdu l’écoute de leur corps, et ne savent plus se limiter dans leurs prises alimentaires. Donc, soit c’est le débordement, soit c’est la sanction. Et le travail du sophrologue est d’apprendre au patient à se réapproprier d’autres formes de plaisirs : corporel, sensitif, positif…sans mettre en péril leur corps.
Donc le sophrologue va accompagner la personne à trouver ses motivations pour perdre du poids. Et pour comprendre, Sylvie fait référence au livre du docteur Marie-Andrée Auquier aux éditions Ellébore Mon poids de forme, apprendre à bien manger grâce à la sophrologie. Et cette sophrologue propose une série de motivations où le patient est libre de se reconnaître ou pas. Ces motivations peuvent être sociales, avoir pour objectifs de forme, de mode de vie, ou motivations pour objectifs psychologiques …mais attention encore une fois, cela peut nécessiter de faire un travail thérapeutique sur soi en complément de la sophrologie. Enfin, ces motivations peuvent avoir des objectifs sanitaires.
Et là encore s’il y a plusieurs objectifs, proposer au patient en tant que sophrologue de hiérarchiser ces objectifs. Et une fois cette hiérarchisation faite, on va pouvoir se pencher sur le protocole et ne pas hésiter pendant les sophronisations à rappeler les motivations et les objectifs. Mais ce sont maintenant les conseils de la sophrologue Sylvie.
Alors concrètement en accompagnement du régime quels sont nos outils ?
Alors bien évidemment la relaxation dynamique, mais surtout la RD1 puis la RD2.
La RD1 pour l’intégration du schéma corporel, pour le vécu du bien-être corporel. Et les témoignages sont là, car pour certains d’entre nous cette intégration a évolué au fil de la formation. Au départ, comme je le disais plus haut, Catherine nous avait demandé ami ou pas ami avec son corps, la façon dont on l’appréhendait, et pour certains à ce moment là ce n’était pas ami et aujourd’hui cela va beaucoup mieux. Et cela c’est le travail de la RD1 et de prendre conscience de son corps. On le vit mieux et soudain on l’accepte mieux.
Les exercices de la RD1 sont tous à utiliser, on peut y mettre des intentions mais aussi les exercices de la RD2 où on travaille essentiellement sur l’image de soi, mais en aucun cas on ne doit démarrer avec de la RD2 dans un protocole.
On peut aborder la RD3, qui permet de se libérer des dépendances alimentaires quand il y en a, de manière à exister librement, dépasser tout ce qui rend dépendant le patient et vivre librement le corps. Quant à la RD4, on peut l’utiliser pour trouver sa place et ses valeurs.
Côté sophro, on a de quoi faire, un bon nombre de personnes prennent du poids quand elles sont stressées donc apprenons-leur dans un premier temps la détente et pourquoi substituer le besoin de faim par la plénitude.
En second degré, c’est peut-être corriger les pulsions alimentaires.
Sylvie revient sur la notion du geste signal que nous devons travailler en amont de la SCS. Certains ne semblent pas à l’aise avec ce geste, aussi Sylvie nous propose-t-elle de nous le faire en exercice, après la pause. Pour ma part, ce geste me parle, je l’ai à plusieurs reprises pratiqué avec ma patiente dans le cadre de mon stage. Je connais son efficacité et n’en doute pas.
Et nous poursuivons avec les autres sophronisations du second degré, avant d’aborder celles du 3ème et 4ème degré.
Et pour revenir sur la satiété, l’exercice de sophrologie « manger en toute conscience » va permettre d’apprendre à être à l’écoute des signaux de son corps, d’entendre, de percevoir, de ressentir l’état de satiété et pour cela apprendre à manger len-te-ment.
Après la pratique du geste signal, Sylvie enchaine donc l’exercice de manger en toute conscience.
Pour ma part, au-delà du fait que les exercices procurent toujours un bienfait immédiat, je dois reconnaître que lorsque Sylvie nous a demandé de visualiser l’aliment et son cheminement, mes deux petits carrés de chocolat Milka me sont apparus instantanément mais je les ai mangés en aussi bonne conscience que lorsque le soir je me gratifie de ce doux plaisir. J’ai laissé mentalement fondre mes deux carrés de la même manière que je l’avais fait la veille dans ma chambre d’hôtel en attendant mon mari mais surtout ils venaient me consoler de la journée installation que j’avais trouvé si laborieuse, bien que passive.
Et c’est ce que je fis remarquer à Sylvie lors de la phéno c’est que j’ai déjà acquis cette notion de manger en toute conscience. Mon mari vous confirmerait volontiers mes dires au vu du temps que je passe à table devant mon petit déjeuner, par exemple. Mais comme je l’explique toujours, j’ai été élevée dans une famille où il n’y avait pas de plaisir de la table, où même c’était le terrain à confrontation, alors en me mariant j’ai pris à revers tout ceci, et c’est aujourd’hui le moment auquel j’attache une grande importance.
Un moment où on partage et on déguste.
Et comme nous étions tous déjà en pleine détente, Clémentine nous a proposé la réponse de l’animal, la sophro, que l’emploi du temps de la journée de la veille ne lui avait pas permis de nous faire vivre.
Nous avions déjà vécu cette sophro à plusieurs reprises mais cette fois elle était différente, à ceci près que nous nous transposions pendant quelques instants dans la peau de l’animal. Et bien que les consignes fussent assez précises, je pris des libertés, n’en faisant qu’à ma tête. Et en l’espace de quelques instants je quittai le point d’eau à côté duquel Clémentine nous avait invités pour m’en retourner chez moi, dans ma chambre. Mais au lieu de prendre place à mon bureau comme à l’accoutumée avec ma petite Dina, derrière moi à me regarder travailler ma sophro, je pris place moi-aussi sur mon lit, dans la peau précisément de ma petite Dina, qui vous l’aurez compris peut-être est le chat de la maison, et aux travers de ses yeux, je me suis imaginée me voir à mon bureau, le dos penchée sur mes cours. Et là je pouvais ressentir tout le confort et la satisfaction d’être un chat, n’ayant principalement pour seul projet le repos. Et je crois qu’on n’eut pu lire sur mon visage un petit sourire de bonheur.
Alors merci Clémentine de m’avoir permis de vivre ce moment !
Et pour mieux mettre en application les préceptes de Sylvie sur l’alimentation, rien de tel que mettre en exergue nos papilles et d’aller se restaurer. Pour moi aujourd’hui, c’est cuisses de canard confites et frites. Bon nous n’avons pas abordé les calories mais j’imagine au vue de l’assiette ! Mais soyons fous et mangeons en toute conscience de ces calories !
Satiété ou repue, j’opte pour la satiété, car je résistai à la tentation du dessert.
Retour à l’IFS. C’est à mon tour d’animer une SRS. Maintenant que je retranscris les événements, je suis déçue de comment cela se passa. Certes j’avais assuré côté travail, mais le souci de satisfaire mes collègues qui m’avaient commandé une sophronisation avec un support littéraire fut gâché par l’entorse que je faisais aux règles de la sophro. Je m’explique : au lieu d’assumer ma part littéraire, je fus prise d’un stupide besoin de m’acquitter au plus vite de ma lecture, et ne vis même pas que cette lecture était une formidable illustration d’une SPR. Et tandis que ma préoccupation première était de faire vivre à mes collègues un agréable moment de détente, on me fit remarquer, avec toute l’indulgence que nous nous accordons tous entre nous, que ma rapidité les avait laissé sur leur faim, qu’ils auraient préféré que je leur laisse le temps d’apprécier la lecture.
Conclusion, j’ai encore des choses à apprendre mais que dans une remarque on doit y voir un conseil.
Et tandis que nous reprenons respectivement notre place, Sylvie poursuit son cours et aborde cet après-midi un sujet délicat, celui de l’anorexie, un trouble mental qui touche 2% des femmes surtout en période d’adolescence. Les causes sont encore mal définies, aussi les avis sont-ils complexes et controversés. Les traitements proposés sont souvent refusés par la jeune femme qui ne se considère pas comme malade. Il faut savoir que 1/3 des anorexiques guérissent, 1/3 restent anorexiques toute leur vie avec des périodes de rémission, et malheureusement 1/3 en viennent quand même à décéder. Rappelons que la jeune femme qui avait posé nue pour dénoncer l’anorexie est décédée dernièrement.
AFP Internet
Mis en ligne le 29/12/2010
Sa photo montrant son corps nu décharné, dans le cadre d'une campagne contre l'anorexie, avait créé la polémique en 2007: Isabelle Caro, ancien mannequin et comédienne française est décédée à 28 ans.
"La maigreur ça engendre la mort et c'est tout sauf la beauté, c'est tout le contraire", disait-elle, espérant que les "jeunes filles" qui verraient sa photo comprendraient la réalité morbide cachée derrière les clichés, "les belles parures et belles coiffures" des magazines féminins.
Elle disait vouloir "réveiller les consciences" sur la maladie qui frappe nombre de mannequins. "Cette photo sans fard et sans maquillage ne me met pas en valeur. Le message est fort : j'ai du psoriasis, la poitrine qui tombe, un corps de personne âgée", avait-elle déclaré, en expliquant sa démarche.
La jeune femme souffrait d'anorexie depuis l'âge de 13 ans, ce qui l'avait notamment plongée dans le coma en 2006 alors qu'elle ne pesait que 25 kg pour 1m65. Mais elle avait décidé de s'en sortir et avait lutté, annonçant, début 2010 avoir atteint le poids de 42 kg.
Suite à cette affaire qui avait jeté l'opprobre sur le milieu de la mode, des professionnels s'étaient engagés à prendre des mesures pour ne pas accepter de mannequins trop maigres.
Ces épisodes dramatiques prouvent qu’il faut un suivi psychologique et que l’aide du sophrologue ne peut se faire qu’en accompagnement, et que le travail essentiel en sophrologie est un travail sur le corps, sur le schéma corporel de la malade puisqu’elle n’en a pas conscience et c’est la RD1 qui va l’aider à réintégrer son schéma corporel, qu’elle va le faire vivre et le ressentir. Par expérience, Sylvie nous confie avoir rencontré des personnes qui avaient connu une période d’anorexie et qui témoignaient avoir suivi des séances de sophrologie pendant leur séjour en hôpital et avoir dit que la sophrologie les avait aidées au niveau corporel, relaxation, bien-être, et sur le côté positif des choses.
Donc le travail du sophrologue c’est la corporalité, l’image de soi donc d’abord essentiellement de la RD1. Et puis c’est l’équipe avec laquelle on travaille qui va dire au sophrologue si la personne est prête pour visualiser son corps. Donc la RD2 est abordée quand la personne a déjà 2 ans de traitement, quand elle a repris contact avec son corps car avant elle ne voit pas son corps tel qu’il est. Et peut-être ne resterons-nous qu’en RD1. Sylvie insiste bien sur le fait que la prise en charge d’une personne atteinte d’anorexie est possible que s’il y a collaboration avec le psy ou l’équipe médicale.
En cabinet, le sophrologue se doit d’informer le psy de ce qu’il fait avec cette personne ; en équipe pluridisciplinaire c’est différent puisqu’il y a constamment consultation. Sylvie en profite pour nous parler de Marc Rufo, qui travaille avec des adolescents anorexiques, et qui prône notamment la sophrologie dans les traitements de l’anorexie et de la boulimie, toujours en complémentarité d’un travail psychologique bien sûr.
« La maison de Solène » qui a été créé suite à la mort de la fille de PPDA emploie eux aussi des sophrologues. Il y a donc une certaine reconnaissance de la sophrologie tant que le sophrologue reste à sa place.
Sylvie nous donne des pistes de travail, de RD mais aussi de sophronisations. On travaille sur le corps, on installe le calme en soi, la paix, l’harmonie. Ce sont des personnes qui sont en lutte avec elle-même et avec leur corps, donc le sophrologue va essayer d’amener un apaisement déjà au niveau du corps et du mental, en utilisant toutes les ressources positives de la personne
Un travail sur les 5 sens est essentiel et peut dans certains cas déclencher une petite envie, qui n’était plus là depuis des mois, voire des années. En SPR, on ne va pas travailler tout de suite sur un aliment mais sur la sensorialité pour simplement stimuler les sens mais sans toucher à l’alimentation, pas tout de suite en tout cas.
Et la boulimie ? Je reprendrai les termes de Sylvie pour vous rappeler que la boulimie se vit souvent en alternance avec l’anorexie.
La boulimie est constituée d’épisodes de crises de compulsions alimentaires au cours desquels la personne mange de tout et en très grande quantité, de manière tout à fait incontrôlée. Puis elle utilise tous les moyens possibles (vomissement, laxatif, diurétique, exercices physiques…) pour éliminer les excès. Là aussi la boulimie touche plus les femmes que les hommes. Quant à l’entourage, il n’est pas toujours conscient, dans 70% des cas, les boulimiques gardent un poids normal car elles se font vomir.
Et à savoir qu’on classe la boulimie dans les addictions.
Les conséquences de la boulimie semblent être, à mon sens, moins connues du public, outre les problèmes de dépression, d’altération de l’émail des dents et encore d’autres problèmes, dans les cas les plus graves, on peut observer l’ulcère de l’estomac avec un risque d’hémorragie pouvant aller jusqu’à la rupture de l’estomac et un coma pouvant entraîner la mort.
Là aussi les causes diverses impliquent un travail sur soi via une thérapie. Mais contrairement à l’anorexique, la personne boulimique est consciente de ses troubles et participe au projet thérapeutique.
L’accompagnement du sophrologue, donc toujours à sa place. Un travail similaire à celui de l’anorexie c’est-à-dire un travail sur le corps et sur les sens. Et pour gérer les crises nous allons progressivement pouvoir travailler avec notre SCS mais là aussi on demande l’avis à l’équipe pluridisciplinaire, sans compter qu’un grand travail sur la confiance en soi est nécessaire car les boulimiques ont un grand manque de confiance en elles.
En conclusion de cette journée gestion du poids & sophrologie, la RD reste notre meilleure alliée à l’instar des sophronisations qui vont permettre d’accompagner une personne en demande d’aide à la gestion de son poids.
Pour finir, Sylvie nous propose un cas pratique, qui nous permet de mettre en application son cours, et nous clorons définitivement cette journée sur une marche virtuelle, menée par Julie .